13 juni 2026

Jaarlijkse vergadering van het wetenschappelijk comité van de Belgische Arenberg stichting in Edingen/Enghien

terug naar overzicht

De jaarlijkse vergadering van het wetenschappelijk comité van de Belgische Arenberg stichting vond plaats op zaterdag 13 juni 2026.

Laudatio Paul André Gobiet

Mon honneur s’appelle fidélité

C’est une belle devise pour une collaboration intergénérationnelle qui dure depuis près  de quatre-vingt ans, puisque trois générations de la famille Gobiet ont travaillé avec trois générations de la famille d’Arenberg.

En effet, après la seconde guerre mondiale, le prince Evrard d’Arenberg (1892-1969) demande à l’ingénieur Maxime Gobiet (1889-1978) de bien vouloir l’aider à remettre en état le bois de Champlon-Famenne complètement détruit par l’offensive von Rundstedt qui s’était littéralement arrêtée à la lisière de la forêt. Tout était donc à refaire.

Maxime Gobiet avait passé sa jeunesse en Angleterre puis obtenu un diplôme d’ingénieur agronome à l’Université de Louvain. Il devint ensuite professeur d’agronomie en Argentine puis rentra en Belgique après la déclaration de guerre du 3 août 1914 pour participer à la défense de sa patrie. Vers la fin du conflit, il fût envoyé au Congo belge pour fournir la Belgique en bois précieux dont elle avait besoin. Nommé ingénieur forestier à Bruges puis à Comblain-au-Pont, il remit sur pied l’inspection des cantons rédimés et termina sa carrière officielle à Liège comme ingénieur principal.

Son fils, Paul Georges, dont la jeunesse sortait de l’ordinaire, ancien volontaire de la guerre de Corée (1950-1953) puis représentant des huiles Lesieur reprit le flambeau laissé par son père vers le milieu des années soixante pendant une vingtaine d’années, cela jusqu’en 1986. 

C’est à ce moment que son fils Paul André, né en 1956, reprit la gestion des bois de Champlon-Famenne puis du Fraishau. Après avoir été restaurateur indépendant à Santa Fé au Nouveau-Mexique puis officier de carrière au régiment para-commando, plus précisément au 2ème codo à Flawinne, il poursuivit des études forestières à Gembloux pour assurer la place vacante laissée par son père.

Depuis lors, il n’a cessé de s’investir pour embellir et agrandir le patrimoine dont il a la charge et s’emploie de son mieux à concilier les impératifs économiques et ‘culturaux’, voire ‘culturels’ liés à notre époque.

En effet, un propriétaire forestier au sens noble du terme est en général un mécène qui, nature oblige, doit penser à long terme par la force des choses à l’instar des historiens. Je dis mécène car il est très difficile de gagner de l’argent dans ce secteur quand on fait le compte de tous les impôts qui doivent être payés au fil des ans, d’autant plus que les tempêtes, les incendies et les parasites de toutes sortes n’ont pas épargné la forêt de Champlon-Famenne, la Famenne ayant été et étant encore une des régions les plus affectées par ce fameux scolyte qui décime les plantations de résineux qui font vivre la majorité des forêts ardennaises.

Paul André Gobiet n’est pas le premier membre de la famille à recevoir une médaille en or pro Merito Arenbergensis puisque je me suis rendu à Grenade le 29 septembre 2007 avec mon conseiller d’ambassade, José Nelson de Figuereido, pour lui remettre en mains propres cette médaille et le remercier pour son engagement exemplaire et sa grande fidélité à feu mon père le duc Jean.

C’est maintenant au tour de son fils, Paul André Gobiet de recevoir une médaille bien méritée pour quarante ans de bons et loyaux services et un soutien sans faille dans des moments difficiles.

Pour la petite histoire, j’ajouterais que mes tribulations dans ce que j’appelle l’affaire du caveau familial d’Enghien auquel je n’ai plus accès depuis 2001 pour l’entretenir comme il se faut m’a permis de réfléchir d’une manière différente, to think out of the box comme le diraient nos amis anglophones.

C’est ainsi que nous avons décidé, Paul Gobiet et moi-même, d’ériger ensemble un jardin du souvenir constitué de trois belles pierres d’Ardennes avec registre mémoriel dans le lieu-dit ‘La grande Namuroise’  pour célébrer une collaboration de trois générations, fait plutôt rare, voir exceptionnel à notre époque.

En attendant, nous ne sommes pas arrivés au bout de nos chemins respectifs, nous nous connaissons depuis 1969 et notre collaboration continue et continuera sans doute encore une décennie.

Mais ceci ne nous empêche pas de célébrer aujourd’hui un jubilé de quarante ans en présence de sa famille et de le remercier pour son engagement et sa fidélité au cours des décennies écoulées.

Réponse Paul André Gobiet

Mesdames, Messieurs,
Cher Duc Leopold

Recevoir aujourd'hui cette médaille d'or pour plus de trente années de service est pour moi un moment profondément émouvant. Honnêtement, je ne pensais jamais qu'un jour on parlerait de mon parcours de cette manière. J'ai simplement fait mon travail avec loyauté, avec coeur, et surtout avec beaucoup d'attachement pour votre famille.

Pendant toutes ces années, j'ai eu la chance de vivre bien plus qu'une carrière. J'ai partagé une aventure humaine faite de confiance, de respect et parfois aussi d'épreuves. Servir auprès de votre famille, ce n'était pas seulement accomplir des tâches au quotidien ; c'était être présent dans les bons moments comme dans les plus difficiles.

Nous avons traversé ensemble des périodes compliquées, des inquiétudes, des changements, des moments où il fallait tenir bon et continuer malgré les difficultés. Ces épreuves ont renforcé les liens et m'ont appris la valeur de la fidélité, du soutien mutuel et de la discrétion. Dans ces moments-là, on découvre la vraie nature des relations humaines.

Au fil du temps, une véritable proximité s'est installée entre nous. J'ai toujours apprécié la confiance qui m'a été accordée, parfois sans même avoir besoin de beaucoup de mots. Cette confiance a compté énormément pour moi et restera l'une des plus grandes richesses de ma vie professionnelle et personnelle.

Je tiens aussi à remercier toutes les personnes avec qui j'ai travaillé durant ces années. Rien ne se construit seul. Chacun, à sa manière, a contribué à ce parcours et aux souvenirs que je garderai précieusement.

Cette médaille, je la reçois avec beaucoup de fierté, mais aussi avec beaucoup d'humilité. Elle représente pour moi non seulement les années passées au service de votre famille, mais aussi les liens humains, les valeurs de respect et de loyauté qui nous ont unis tout au long de ce chemin.

Merci, Cher Duc Leopold, pour vote confiance et votre bienveillance durant toutes ces années. Merci à vous tous pour votre présence aujourd'hui et pour ce moment que je n'oublierai jamais.

Laudatio prof. dr. Martin Wrede

Hier et avant-hier, le duc et moi-même étions à Cologne pour présenter le dernier ouvrage du professeur Martin Wrede : « Aremberg im Alten Reich ». En remerciement de la compilation et de la coordination de cet ouvrage collectif consacré à la famille au sein du Saint-Empire romain germanique, le duc Léopold souhaite vous remettre, professeur Wrede, une médaille d'or.

Mesdames et Messieurs, le professeur Wrede ne s'est pas contenté de compiler cet ouvrage, mais a en réalité élaboré et affiné l'idée de base, à savoir comment de petites entités ou seigneuries indépendantes pouvaient évoluer au sein du grand empire et, plus précisément pour Arenberg, comment un petit comte/duc autonome d’Arenberg a pu devenir l’un des magnats les plus riches de Prusse, possédant également d’immenses richesses en Belgique. D’où le sous-titre Adelige Autonomie im Wandel, 15.–20. Jahrhundert.

Im Grunde genommen knüpft dieses Buch an Prof. Wredes langjähriges (jahrzehntelanges) Interesse an der Geschichte des Adels an.

Amaai, Deutsch zu sprechen ist in Deutschland einfacher als hier. 

Er promovierte 2001 an der Universität Osnabrück und wechselte dann an die  Justus-Liebig-Universität Gießen (JLU) wo er 2009 habilitierte mit “Ohne Furcht und Tadel – für König und Vaterland? Frühneuzeitlicher Hochadel zwischen Familienehre, Ritterideal und Fürstendienst“. Dafür erhielt er 2010 den Geschichtspreis des Herzogs von Arenberg. 

Peu de temps après, il est devenu membre du comité scientifique de l'ACA, où il nous apporte son aide et ses conseils avec l'ironie qui le caractérise.

Professeur Wrede, puis-je vous demander de venir me rejoindre pour recevoir la médaille d'or du mérite ? Mesdames et messieurs, Il s’agit d’ailleurs d’une réplique du thaler de Margaretha van der Marck datant de 1576. Les sources indiquent que lors des cérémonies de remise de fiefs dans l’Eifel, des pièces étaient lancées en l’air en l’air en signe d’acceptation de l’autorité des seigneurs d’Arenberg. Voyez-vous, mesdames et messieurs, je mentionne délibérément quelques inexactitudes historiques afin que vous puissiez, cher prof. Wrede, immédiatement utiliser cette médaille d’or comme objet de recherche pour votre question sur l’autonomie de la famille Arenberg.